Koya-san, une nuit dans un temple !

Depuis notre base de Kyoto, nous voilà parti en balade pour deux jours dans les montagnes sacrées du mont Koya!

Un peu d’histoire

Le mont Koya est une montagne sacrée de la préfecture de Wakayama, au sud d’Osaka, elle donna son nom à un complexe de 117 temples bouddhistes!

Koya-san-Kongobuji-temple (10)

Le personne marquante de ce lieu est sans conteste Kobo Daishi qui est le fondateur de l’école bouddhique Shingon au Japon. Avec environ 12 millions de fidèles, c’est un des courants majeurs du bouddhisme japonais. Voici dans les grandes lignes l’histoire de ce dernier :

  • En 804, il traversa la mer de Chine en quête d’enseignement bouddhiste. Dans la capitale de la dynastie Tang, il reçut une formation complète au Shingon bouddhisme.
  • En 806, il retourna au Japon et commença à enseigner.
  • En 816, il reçu la permission de la court impérial pour construire un complexe monastique au fin fond des montagnes du mont Koya, loin de la capitale et de ses distractions. Il y vécu et y enseigna.
  • En 835, il mourut et entra en méditation éternelle.
  • Aujourd’hui, toujours dans cet état, il donnerait aide et réconfort aux millions de personnes qui le prient tous les jours.

Le mont Koya n’a pas été choisi par hasard pour y construire tous ces temples. Plateau perché à 900 mètres d’altitude, il est entouré par 8 pics qui représenterait les 8 pétales d’un lotus en train d’éclore. Cela suggérait aussi un Mandala avec ses 8 dieux parés de pétales de lotus entourant le bouddha en son centre.

Comment s’y rendre?

Depuis Kyoto, je ne vous cache pas qu’il faut s’armer de patience pour arriver à destination. C’est long, plus de 4h et il y a plusieurs transferts (3 trains, 1 funiculaire et 1 bus). Le kansai thru pass est vraiment indispensable car il prend tout en charge. L’autre option est d’avoir un JR Pass, c’est plus rapide, mais tout n’est pas compris!

Si on avait juste un conseil, c’est d’y aller depuis Osaka et pas depuis Kyoto. Cela vous fera économiser 2h de trajet. Une fois sur place, il y a trois lignes de bus. S’il fait beau et que vous avez le temps, privilégiez la visite de la ville à pied car elle n’est pas bien grande et c’est très agréable de s’y balader.

Loger dans un temple

Koya-san est un des lieux du Japon où vous pouvez passer une nuit dans un temple. Comme il y a beaucoup de touristes dans ce lieu sacré, quasiment tous les temples proposent une formule complète; nuit + repas végétarien + prière à l’aube. Si vous pensiez vous retrouver dans un temple au Tibet et dormir de manière rudimentaire, ce n’est pas le cas ici! En fait, ce sont des ryokan luxueux avec l’aspect spirituel en plus. C’est certes cher, mais au final, pas plus qu’un bon ryokan.

On vous conseille de réserver vos chambres bien à l’avance via ce site (en anglais) car l’endroit et très prisé par les japonais.

En ce qui nous concerne, nous avions choisi le temple Ichijoin et l’expérience fut très positive. Le personnel était aux petits soins, l’accueil chaleureux, la nourriture végétarienne était excellentissime ! Petite particularité, se sont les moines qui font les lits et le service et même s’ils ne sont pas très causants, ils sont très serviables. On les retrouvera le lendemain dans un temple richement décoré pour une prière de 45 min au petit matin. Prévoyez bien la polaire car il fait froid dans ces vieux bâtiments! Le seul point négatif: le réveil en fanfare par la TV à 5h25 du matin! Alarme sans doute laissée par le voyageur précédent…

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Ce que nous avons fait

Nous sommes restés une nuit et deux jours sur place. Voici ce que nous avons fait:

Le complexe Danjo Garan

C’est le complexe principal des temples du Koya-san. Il contient plusieurs pavillons et pagodes. 

Kondo: Le hall principal où de nombreux rituels et cérémonies sont faites, il sanctuarise une statue du bouddha guérisseur. Détruit 6 fois par le feu, le bâtiment actuel date de 1934.

Koya-san-Danjo-Garan-complex (6)

Konpon daito: Cette pagode hors norme fut détruite 5 fois à cause de la foudre et reconstruite à chaque fois à l’identique. Bon, à force de la voir brûler, ils ont qu’en même décidé de la reconstruire avec une structure en métal 😉 La version actuelle date de 1934. Haute de 50 m et large de 30 m, elle contient un Mandala en trois dimensions très impressionnant avec, en son centre une énorme statue de Dainichi Nyorai de Taizokai. Cette dernière est entourée par 4 bouddhas du Kongokai et de 16 grands bodhisattvas peints sur 16 énormes piliers. Les photos n’étaient malheureusement pas autorisées à l’intérieur.

Koya-san-Danjo-Garan-complex (11)

Miyashiro: sanctuaire dédié aux dieux shintoïstes qui veillent sur le mont Koya. Avant la période Meiji, il était courant que les temples bouddhistes et les monastères incorporent des sanctuaires de ce type. En plus d’apporter protection aux lieux, les dieux shintoïstes étaient considérés comme des manifestations de Bouddha, ce qui facilitait grandement leur intégration dans les temples bouddhistes.

Miedo: endroit original où Kobo Daishi méditait. Il contient 9 siècles de portrait du maître peints par ses disciples. Malgré les nombreux incendies, ils ont à chaque fois été sauvés. Ces portraits sont les grands trésors de Koya-san et ne sont malheureusement pas exposés au public.

Rokkaku Kyozo: cet édifice hexagonal a été construit en 1159, il contient la copie complète des saintes écritures bouddhiques écrites à l’encre d’or. Comme ces voisins, il n’échappa pas aux feux, la version actuelle date de 1934.

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Sanko no Matsu: Selon la légende, lorsque Kobo Daishi s’apprêtait à quitter la Chine pour revenir au Japon, il pointa son vajra (instrument rituel) à trois pointes en direction de l’Est en pria pour qu’il lui montre l’endroit idéal pour construire son monastère. Une fois à Koya-san, il sut que c’était l’endroit idéal lorsque il découvrit ce pin dont les aiguilles organisées par trois, lui rappelèrent son vajra.

Koya-san-Danjo-Garan-complex (12)

Chumon: Porte intermédiaire brûlée, elle aussi à de nombreuses reprise et reconstruite en 2015 pour la commémoration des 1 200 ans de la fondation de Koya-san. On y retrouve 4 imposants gardiens protecteurs.

Okunoin, le mausolée de Kobo Daishi

Avec le complexe Danjo Garan, se sont les attractions principales de Koya-san. Nous avons encore eu une chance indécente car à notre arrivée, c’était le déluge et le lendemain matin, le temps était idéal pour entreprendre la balade vers le mausolée! Il faut bien compter 2h30 de marche allé-retour pour en apprécier toute la splendeur.

Durant la balade de 2 km, on traverse un des plus grands cimetières du Japon. 200 000 pierres tombales de samouraïs, de personnalités et de gens ordinaires le tout dans une forêt de cèdres bicentenaires, certains arbres ayant jusqu’à 600 ans.

Il y a deux chemins pour accéder au mausolée mais un seul vaut le détour. Il faut prendre le Ichinohashi cours, car l’autre voie le Nakanoshashi cours est trop moderne et sans intérêt sauf si vous voulez voir des tombes d’entreprises et des fusées!

Pour la balade mémorable, il faut donc prendre le bus (ou marcher), sortir un peu de la ville et s’arrêter à l’arrêt ichinohashiguchi n°10 ou Okunoinguchi n°11. A quelques mètres vous trouverez l’entrée du cimetière.

Koya-san-Okunoin (1)

Sur le chemin, un groupe de pèlerins autour d’un puits attira notre attention. Une vieille légende raconte que si on ne voit pas son reflet dans ce puits, on mourra dans les trois ans! C’est donc dans une angoisse la plus totale qu’on a regardé dans le puits et « dieu bénisse » comme dirait ma grand-mère, nous y avons vus nos reflets! J’étais tellement contente et soulagée (et je n’étais pas la seule), que je me suis retrouvé à enlacer une petite mamie qui était aussi contente que moi! « Daijobu, daijobu… » nous répétions ensemble, littéralement « ça va, ça va »!

Après cette belle balade, on arriva sur un pont qui donne accès au mausolée. Mais au delà de ce point, les photos étaient interdites car le lieu est sacré.

On a pu voir le Toro-do, le temple des lanternes. La légende raconte que deux flammes y brûlent sans interruption depuis un millier d’années. À proximité du Toro-do se trouve le Kobo daishi gobyo, le mausolée sacré devant lequel viennent se recueillir de nombreux fidèles. Être à proximité de ce lieu sacré, où Kobo Daishi est en « méditation éternelle », était assez intimidant. On peut croire ce qu’on veut mais on avait l’impression que quelqu’un était là, à nous observer, comme une présence qui remplissait tout l’espace…

Les autres monuments de Koya-san

Le temple Kongobuji

A proximité du complexe Danjo Garan dont je vous ai parlé plus haut, se trouve le temple Kongobuji, lieu duquel sont gérées toutes les affaires religieuses des 4 000 temples du courant Shingon. Entre les panneaux représentant le voyage de Kobo Daishi en Chine, ses salles d’audience, son jardin minéral et une salle de suicide rituel … on en prend plein les yeux!

Le jardin minéral :  il s’agit du plus large jardin de ce type au Japon (2349 m²). Très poétique, il représente une paire de dragons émergeant d’une mer de nuage et dont le but est de protéger les lieux. 140 rochets de granite provenant de l’île de Shikoku et du sable blanc venant de Kyoto composent cette oeuvre.

Le mausolée de la famille Tokugawa

Non loin du temple Kongobuji se trouve ce sublime mausolée. Le Tokugawa-ke Reidai le fit construire pour y sanctuariser l’esprit des shoguns Ieyasy et Hidetada. Il fallut plus de 10 ans pour compléter la construction de ces édifices représentatifs de l’époque d’Edo. Ces deux bâtiments identiques sont côte à côte, richement décorés et présentent un magnifique travail du bois et du métal.

La porte Daimon

La grande porte Daimon fut jadis l’entrée principale de la ville. C’est un bâtiment immense mesurant 25 mètres de haut pour 21 mètres de large. Elle abrite les deux gardiens de Niō sculptés pendant l’ère Edo.

Quelques bonnes adresses

Laissons la spiritualité de côté pour nous concentrer sur des questions plus élémentaires: on mange quoi de bon à Koya-san? Et bien, j’y ai mangé le meilleur curry de tout notre voyage ainsi qu’un gâteau de riz recouvert de farine de soja. Excellent. J’en rêve encore! Dans un second restaurant, on a pu tester des petits gâteaux au tofu! Pour leur localisation, regardez la carte en début d’article car ils ne sont pas référencés sur Internet 😉

En conclusion

Koya-san est un lieu incontournable du Japon. Après un long périple, on se retrouve au milieu de nulle part dans une petite ville cernée par la forêt et les montagnes. Tous ces temples, le cimetière et le mausolée vous projettent du temps de Kobo Daishi. C’est un sublime endroit où il faut impérativement passer la nuit pour en apprécier toute la beauté et la spiritualité.

Voici encore quelques photos supplémentaires de la ville avant de poursuivre notre route!

On ne vous cache pas que le retour à la réalité fut un peu brutal! A nouveau 4h de transport pour revenir à Kyoto… Mais quoi qu’il en soit, ça en valait définitivement la peine!

Merci qui? Merci Kobo Daishi 😉

 

 

 

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2 commentaires sur “Koya-san, une nuit dans un temple !

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